Itinéraire et calendrier
La croisière « Baltique » s'est déroulée du 29 juin au 14 juillet 2024.

La navigation à débuté le 30 juin à partir du port de Taalintehdas à Helsinki et s'est terminée le 11 juillet au port Vasahamn de Stockholm.
Equipage
  • Lionel comme skipper & chef de bord,
  • Jean-Paul comme second,
  • Françoiset, Hélène, Agnès, Jacqueline, Guy et Frank.
Bateaux
Toute la navigation s'est faite au bord d'un voilier « Gianna » monocoque de conception Française le Gib'sea 43 de Dufour Yachts.

Le départ

Les dates de début et de fin de croisière sont toujours un problème pour nos amis travaillant encore. Le départ du vol depuis Lyon pour rejoindre Amsterdam puis Helsinki est prévu à six heures du matin, impliquant l'enregistrement à l'aéroport peu après cinq heures. Quatre courageux se lèveront au milieu de la nuit pour rejoindre directement l'aéroport en voiture tandis que d'autres, non contraints par des heures de travail, ont réservé une chambre d'hôtel dans l'aéroport même. Et c'est le début d'un long voyage Jusqu'à Helsinki. Un petit autocar noir nous y attend. Il ressemble à un corbillard, seules manquent les fleurs. Mais l'intérieur est somptueux, plutôt clinquant, confortable à souhait.



Au terme d'un long trajet, il nous mène jusqu'au port de Taalintehdas. Nous traversons la campagne finlandaise, peu peuplée, couverte de forêts et découvrons l'habitat local, typique des pays nordiques.

Taalintehdas

Agnès, Lionel et Jean-Paul sont déjà venus, il y a douze ans déjà. Ils connaissent ce petit port perdu. Nous trouvons le loueur d'une originalité et d'une désinvolture surprenantes. Nous faisons connaissance avec « Gianna », voilier de 43,5 pieds, à bord duquel nous naviguerons quinze jours. Quatre cabines, c'est parfait !

Le loueur local « Midnight Sun » est plutôt folklorique et il bâcle la prise en main du voilier, tout est à l'avenant. Où se trouve l'annexe ? Retrouvée finalement à l'abandon sur le quai, nous l'embarquons. Dieu merci, elle ne servira pas.

Notre trajet de Finlande en Suède est « one way », nous ne serons pas obligés de ramener le bateau au port de départ. Aussi, nous embarquons la literie nécessaire au prochain équipage, chargé de ramener le bateau à Taalintehdas. Notre loueur français lui-même s'en chargera, curieux de découvrir cette destination inconnue et découverte grâce à APC. L'avitaillement effectué, après une bonne nuit de sommeil, c'est le grand départ.



Un environnement inattendu

La Finlande très étendue est couverte de forêts et finalement très peu peuplée, est dépaysante pour nous. En ce début juillet, les nuits sont courtes au pays du soleil de minuit, à peine deux heures de pénombre, sans réelle obscurité. Tout est calme et propre, les voitures laissent passer les vélos. A leur tour ils cèdent la priorité aux piétons. Rues, jardins, maisons, voitures, tout est propre, signe d'un entretien méticuleux, bref d'un excellent état d'esprit. Il y a beaucoup de chiens, toujours tenus en laisse, leur brassière de sauvetage capelée une fois à bord. La gestion des déchets relève d'une gageure. Pour quelqu'un ignorant le finlandais, comment s'y retrouver avec une quinzaine de bacs ? La vente d'alcool est le monopole des magasins d'Etat. Quasiment plus de monnaie, tout se paye par carte ou téléphone, même les plus petites sommes.

Partout, les sanitaires sont bien dissimulés dans les bois alentours. Tout est tranquille calme et propre. Il faut aussi nous accoutumer aux douches collectives et aux incontournables saunas. Au diable la pudeur, tous à poil et à vapeur ! Il existe des barbecues publics, tout équipés, d'une propreté impeccable, chacun y apporte son charbon et nettoie tout avant de repartir. Nous en avons bien profité et fait comme eux.

Enfin, nous ne nous sommes jamais lassés du saumon, souvent proposé dans de sympathiques petites échoppes. En Finlande l'usage et d'arrimer les bateaux proue au quai pour éviter d'abimer les safrans et préserver l'intimité des occupants. Pour ce type d'amarrage, Françoise est rapidement devenue une véritable experte. A l'aide de la crosse spécialement conçue à cet effet pour saisir l'œil surplombant la bouée, elle y frappe l'amarre et laisse filer le bateau jusqu'à presque toucher le quai et là, puis frappe l'amarre arrière au taquet pour immobiliser le voilier. Frank et Guy arriment alors l'avant du bateau puis déploient l'échelle de proue, permettant d'accéder au ponton.

Première nuit en mer

Comment dormir quand il fait jour ? Hélène et Jacqueline s'emploient à occulter les hublots de leur cabine avec des matériaux inattendus, d'autres adoptent un bandeau. Mais tout le monde apprécie les interminables crépuscules, les longues aurores, ce fameux soleil de minuit.

Stenskär


Passer sous les ponts fait monter l'adrénaline, on croit toujours la hauteur de l'ouvrage insuffisante, mais tout se passe bien, l'équipage est soulagé. Et il y aura bien d'autres ponts sur notre trajet.
Nous voici à quai pour notre première escale, visite du petit port et barbecue.

Jürmo

Traversée sans problème de l'île de Stenskär à celle de Jürmo. L'été en mer Baltique, il n'y a quasiment pas de marée, peu de houle mais du vent. Ainsi nous pouvons déployer le génois et la grand-voile à enrouleur.
Nous nous habituons au balisage local. Il faut le suivre sur une carte car entre toutes ces îles, la notion d'amont et d'aval est loin d'être évidente. Les balises rouges et vertes ne sont pas surmontées d'un voyant facilitant leur interprétation. Heureusement, il y a la carte et le GPS .

Kökar

Les plages de rochers en pente douce sont plutôt originales, comme le petit port.
Comme souvent, nous croisons des bateaux magnifiquement entretenus ou restaurés, malgré un âge souvent avancé. D'autres gisent là, témoins d'un passé révolu.

Degerby

Cap sur Degerby, une traversée courte, au début en pleine mer, avant une navigation dans des chenaux. Par rapport à nos précédentes étapes, c'est un port important, où nous pouvons compléter l'avitaillement. Le soir, nous partageons la vie locale en allant dîner dans un restaurant en plein air, accueillant un orchestre de variétés. La foule est nombreuse. A défaut de comprendre les paroles, on apprécie la musique.

C'est la fin de notre navigation typiquement finlandaise. Tous les soirs, à l'heure officielle de la tombée du jour, nous amenons le pavillon finlandais, comme tous le font ici. Mais le pavillon de courtoisie tricolore français reste bien à poste, à tribord comme il se doit.

Les traditions et la courtoisie des gens de mer se perdraient-elle dès que l'on descend vers le sud ?

Les îles Åland

Cet archipel, au nord de la mer Baltique, à mi-chemin entre la Finlande et la Norvège, reste finlandais mais bénéficie d'une certaine autonomie.

Mariehamn, la capitale de cet archipel, dispose de deux grands ports. Notre dévolu se porte sur le celui de l'est. Nous nous accordons un jour de repos pour visiter cette cité originale. Nous déambulons dans les rues de la capitale régionale. Heureux hasard, un Français tient le magasin accolé à la capitainerie. Nous profitons de ses recommandations et visitons ainsi des sites dignes d'intérêt.

Pour une première fois à APC, la parité hommes-femmes est respectée. Les femmes de l'équipage, partent visiter la ville, ses monuments et ses nombreux commerces. La population est beaucoup plus dense. On se rapproche de la Suède. Pour autant, Jacqueline et Franck ne renoncent pas à leur marche sportive quotidienne. On les voit revenir épuisés mais heureux.

Nos équipières vont visiter le musée « presqu'à flots » du Pommern, un magnifique clipper à quatre mâts rappelant les dernières heures de la marine à voile, avant l'avènement des bateaux à moteur. Après cette longue escale, il est temps de quitter ce grand port. Direction la partie septentrionale des îles Åland. Ce sera l'escale la plus au nord de notre croisière.



Käringsund

Perdu dans un écrin de verdure, enchâssé dans les rochers, ce petit port est un endroit fabuleux. En raison d'une météo peu favorable, nous y passerons deux nuits. Merci Eole !

Ne craignant pas les tiques, certains équipiers partent à la découverte des sentiers de bord de mer. D'autres vont visiter l'original musée local, fort instructif sur la vie d'autrefois et les techniques de pêche de nos aïeux. Le petit bistrot-épicerie du coin est charmant. Nous apprécions un excellent repas, saumon sauvage et bières locales. A bord, des parties de belote endiablées occupent les soirées. Il est vrai que nous avons affaire à quatre spécialistes chevronnés. Les autres équipiers ignoraient qu'il existait de vrais passionnés de ce jeu.

Furusund

Le vent a faibli durant la nuit et c'est le départ pour la grande traversée vers Furusund, charmant petit port perdu au nord-est de la Suède. Nous profitons d'un vent de sud-ouest pour naviguer sous voiles. En ce début de matinée, nous ne progressons guère vers notre objectif, mais naviguer à la voile, quel bonheur !

Nous contournons les rochers affleurants. Il y en a certainement autant de non visibles en surface, mais tout aussi dangereux. La carte et le GPS nous sont d'un grand secours. Arrivés au port, nous constatons la présence de catways, mais nous amarrons le voilier le long du quai, cela facilitera notre prochain départ. En effet, le bateau est quasiment immaîtrisable en marche arrière, peut-être en raison d'un pas d'hélice mal adapté.

Le petit port est bien sympathique et l'équipage apprécie cette escale après la longue traversée. Le soir, nous profitons d'un premier repas suédois dans l'agréable restaurant du port.
Nous sommes désormais en Suède et l'environnement est différent. Fini ce côté un peu désertique qui fait le charme de la Finlande. Le lendemain, nous reprenons la mer pour une autre grande étape, cap plein sud. Ce sera notre dernière navigation au large, loin des côtes, si l'on peut s'exprimer ainsi.
Nous ne lassons pas d'admirer les roches rasantes, les forêts omniprésentes et les jolies maisons implantées dans des endroits insolites. Seuls moyens de communication pour les habitants, le ferry-boat, les bacs à câble typiques des pays nordiques et les petites embarcations privées.

Sandhamn

Nous faisons route à l'ouest de la côte suédoise. A bâbord un chapelet d'îles, à tribord le large. Des équipiers inquiets guettent les balises côtières. Au détour d'une dernière île, nous empruntons un chenal nous menant à Sandhamn, célèbre station balnéaire prisée des habitants de Stockholm. Elle est connue pour le célèbre feuilleton télévisé « Meurtre à Sandhamn ».

Une fois le bateau amarré le long du quai extérieur de la marina, nous partons à la découverte de la cité touristique. Au-delà des restaurants de bord de mer, fort fréquentés en ce début juillet, nous déambulons parmi les coquettes villas blotties au fond de petits jardins. Nous regardons passer les vieux ferry-boats fumants, toujours en service avec leurs pare-battages fait de troncs d'arbres.

Après une « courte » nuit bien calme, nous reprenons la mer pour rejoindre notre dernière étape avant Stockholm.

Saltjobaden

 Nous naviguons dans des chenaux de plus en plus étroits, passons sous des ponts. C'est parfois un slalom spécial entre les balises. Il est toujours impressionnant de rencontrer un ferry dans ces passages étroits, alternant courbes serrées et espaces plus propices aux croisements.

En fait, ces chenaux sont la partie résidentielle de Stockholm. Beaucoup de petites propriétés possèdent leur sauna au bord de l'eau et un appontement pour le bateau, remplaçant la voiture pour se rendre au centre-ville. Nous croisons la trajectoire de petits bacs traversiers, passons sous des ponts. Nous jetons l'ancre pour déjeuner dans une crique rocheuse très fréquentée ce jour-là par les touristes car le temps est au beau fixe. Difficile de trouver un endroit propice pour s'arrêter. Sportive émérite et téméraire, Jacqueline en profite pour se baigner. Bravo !

Nous relevons l'ancre. La cité de Saltjobaden est « La Mecque » locale de la voile. On y rencontre de magnifiques voiliers de compétition, récents comme anciens. Il y a plusieurs ports selon le profil des bateaux. La cité est dominée par un grand hôtel thermal. Le centre-ville abrite des une galerie marchande d'un autre âge.

Une partie de l'équipage est partie à la recherche d'un super marché, avitaillement oblige. Elle finira par le dénicher au terme d'une longue marche vers la banlieue de Stockholm.


Stockholm

C'est le départ pour notre dernière étape, une surprise nous attendra à l'arrivée. Les chenaux sont de plus en plus étroits, avec parfois des courbes prononcées. Nous allons nous amarrer dans le port de Vasahamn, au centre-ville, devant le musée du célèbre Vasa, bateau royal qui sombra lors de sa mise à flot. Il sera ramené à terre, des centaines d'années plus tard.

Le petit port est envahi de touristes. Ils visitent les nombreux musées et profitent des terrasses ensoleillées, aux abords d'un immense Luna-Park, avec ses jeux aériens et sa musique folle. De surcroît, c'est le terminal des ferries boats omnibus de la capitale. On est loin du calme et du silence du large.

Et voilà la surprise : on s'aperçoit bien tardivement que le plein de gazole a été oublié. Branle-bas de combat, le bateau repart en équipage réduit, faire ce ravitaillement oublié. Agnès, Hélène, Jacqueline et Franck préfèrent déambuler en ville. Une heure et demie plus tard, cet oubli sera réparé.

Venu de Lorient, l'équipage français chargé de ramener le bateau à Taalintehdas nous rejoint. Nous procédons ensembles aux vérifications et à l'inventaire rituels, même le plongeur est là pour examiner nos dessous. Nous faisons nos adieux à Gianna, bon vent !

Le Mälardrottningen

Conformément à notre programme, nous passons deux jours dans la capitale suédoise. Privés de notre bateau, nous déménageons dans un hôtel inattendu, un yacht privé des années trente converti en hôtel, ancré tout près du centre-ville. Ce sera notre port d'attache pour visiter Stockholm. C'est l'ancien navire d'une richissime américaine des années trente.

Nous logeons dans des cabines au charme d'antan, bien restaurées et de surcroît confortables. Le bar et le restaurant du bord sont bien agréables. Nous profitons de ce voyage dans le temps.

Si vous y parvenez, mémorisez le nom de ce navire : « Mälardrottningen ». Quoi de mieux comme mot de passe sécurisé, sauf peut-être en Suède ?

Visite de la ville

La cité est bâtie sur de nombreux îlots reliés par des ponts, voire des tunnels. Un métro relie les principaux d'entre eux. Ici aussi malheureusement, des paquebots de croisière viennent gâcher le paysage.

Chacun s'en va à son gré visiter la belle capitale. Hélène et Jacqueline, tout excitées, partent visiter le musée des idoles de leur jeunesse, le groupe ABBA : des musiciens portant des noms imprononçables de meubles Ikea. D'autres préfèrent visiter le musée des beaux-arts. Enfin d'aucuns vont flâner dans les rues de la ville.

L'hôtel de ville, les vieilles rues et le marché du centre-ville méritent le détour. La relève de la garde devant le palais royal offre un spectacle suranné, mais original. Les terrasses des cafés, à même les trottoirs, sont avenantes. Nous ne manquons pas d'en profiter. Nous déjeunons dans un restaurant typique de la vieille ville et flânons avec plaisir sur les quais et dans les rues de la cité.

Le retour

Un taxi nous attend pour nous mener du Mälardrottningen à l'aéroport de Stockholm. Il est tout juste suffisant pour accueillir les huit passagers et leurs bagages. Longue escale à l'aéroport d'Amsterdam Schiphol avant d'embarquer pour Lyon. Nous y atterrirons aux environs de 23 heures.

Venus ici en voiture, quatre de nos amis repartent au plus vite, les deux pharmaciennes de l'équipage devant rejoindre leur officine pour l'ouverture. Les autres, moins contraints par le temps, retournent tranquillement à l'hôtel de l'aéroport. Ils regagneront paisiblement Clermont-Ferrand le lendemain, se laissant conduire à bord d'un Bla-Bla Bus.

Conclusion

Tous les passagers ont beaucoup apprécié cette croisière nordique originale. L'ambiance à bord a toujours été excellente. Tous les équipiers ont été les artisans de cette réussite :

  • Agnès a participé au bon déroulement de la croisière et à l'animation de la vie à bord, elle a toujours un jeu de société sous la main,
  • Jacqueline, Guy et Frank ont perfectionné leur technique nautique, ils ont tous tenu la barre et participé aux manœuvres, bravo !
  • Françoise et Hélène ont démontré avec brio leur capacité de chef de bord, à leur bon vouloir !
  • Lionel, notre skipper, a été à la hauteur de sa mission, faisant preuve de qualités pédagogiques appréciées de tous,

  • enfin notre doyen Jean-Paul, organisateur de cette croisière avec Océans Voyages, se félicite que que tout se soit finalement bien passé.

Pour finir, un grand merci à la météo ! Elle a eu la délicatesse de réserver ses rares ondées au cœur de la nuit, malgré le soleil de minuit, mais qu'importe, nous dormions !

A refaire !


Livre de bord